Bonjour à tous,
Vous savez que la partiel du cours CM Approches psychosociologiques et pragmatique de la communication a lieu lundi 14 mai à 17 hres. Pour la salle, vous voyez le calendrier des partiels.
J’ai jamais parlé ni d’un QCM, ni d’une question réservée à une partie du cours en guise de sujet de partiel.
Il s’agit pour vous de réfléchir aux éléments du cours qui permettent de rendre toute activité de communication efficace, voir réussie.
Bon travail à tous, France Duval
P S : Voici, les dernières théories du cours qui étaient prévues pour le cours d’aujourd’hui 25 avril.
Théories reliées
Il est courant que certaines attitudes, croyances et valeurs, d’une personne entrent en conflit les unes avec les autres. Les théories de la cohérence cognitive (théorie de l’équilibre, théorie de la dissonance) tentent de cerner ce phénomène.
En gros, ces théories avancent : 1 – que les gens ont besoin de consonance dans leurs valeurs, croyances et attitudes ; 2 – qu’une prise de conscience des dissonances produira des tensions ; 3 – que les gens feront quelque chose pour réduire les tensions.
Plus précisément, dans sa théorie de la dissonance cognitive, Léon Festinger soutient : 1 – que l’existence de la dissonance chez une personne incite celle-ci à essayer de la réduire pour rétablir la consonance ; 2 – que lorsqu’une dissonance est présente chez une personne, non seulement, elle tente de la réduire, mais elle évite, également, les situations ou les informations qui pourraient augmenter cette dissonance.
2 facteurs majeurs expliquent l’apparition d’une dissonance : 1 – de nouveaux événements ou nouvelles informations font ressortir un contraste ou une différence entre ce qu’une personne fait et ce qu’elle connaît ou croit ; 2 – nos opinions et comportements sont le plus souvent un mélange de contradictions, rares sont les choses très clairement définies.
Exemples de dissonance
Nous obtenons une note faible d’un professeur que nous admirons et pour lequel nous avons beaucoup travaillé.
Nous achetons un live box et découvrons le lendemain que le même produit est beaucoup moins cher dans un autre magasin.
Nous découvrons qu’une personne que nous admirons milite dans un mouvement politique que nous n’aimons pas du tout.
Réduction de la dissonance
Nous utilisons plusieurs stratégies pour réduire la tension générée par les situations dissonantes. Si 2 de nos valeurs ou croyances sont en conflit, nous aurons tendance à réduire la dissonance en changeant une d’elles. Généralement, nous changeons celle qui est la moins importante ou la moins intense des 2.
Prenons l’exemple de l’ami que nous admirons et au sujet duquel nous découvrons l’engagement dans une cause que nous avons en aversion.
2 stratégies :
Nous pouvons changer mentalement un des 2 éléments conflictuels : 1 – soit notre ami : 2 – soit notre attachement à la cause politique en question.
Si nous décidons de changer d’ami, nous nous disons qu’après tout cette personne ne valait pas vraiment la peine d’être admirée ni respectée, que nous nous sommes laissé berner et qu’en définitive elle ne sera plus notre ami.
Si nous décidons de changer notre attachement à la cause politique plusieurs options s’offrent à nous :
1 – Nous prétendons que la source que nous a apprise ce fait est en réalité peu fiable, nous a menti ou ne savait pas vraiment de quoi elle parlait. Nous nous disons que notre ami ne peut pas vraiment appartenir à cette organisation. Lorsque notre ami nous apprend lui-même la chose, nous disons qu’il blague. S’il est sérieux, il faut encore faire face au conflit.
2 – Nous trouvons des excuses à notre ami. Il ne sait pas vraiment ce qu’il fait. Il a été manipulé d’une certaine manière. L’éducation qu’il a reçue est responsable de cette situation.
3 – Après tout, si un ami brillant comme celui-là fait partie de cette organisation, cette dernière n’est certainement pas aussi mauvaise que nous le croyons.
4 – Nous distinguons notre amitié et des vues politiques. On ne tient pas compte des vues de notre ami et on accepte sa sincérité et sa fidélité dans sa relation avec nous. Ses idées politiques sont rangées quelque part dans notre cerveau, mais elles sont consciemment oubliées ou ignorées.
5 – Nous discutons le sujet jusqu’à l’un des 2, connaissant les sentiments et les arguments de l’autre, change d’opinion. La motivation nécessaire pour résoudre le désaccord dépend de la force de l’amitié et de l’intensité du conflit. Un des résultats possibles : nous aimons un peu moins notre ami et sa cause un peu plus.
Les 4 premières stratégies sont fondées sur des rationalisations. Les gens ont malheureusement tendance à se berner eux-mêmes, volontairement ou involontairement. Nous nous croyons nous-mêmes, parce que nous avons besoin de croire et parce que nous pouvons ainsi mieux nous protéger. La rationalisation implique souvent une certaine déception vis-à-vis de soi-même. Utilisée trop souvent, elle risque de nous éloigner quelque peu de la réalité.
Résistance au changement
Au lieu de rationaliser une nouvelle information conflictuelle, nous pouvons changer notre comportement. Il n’est jamais facile de changer un comportement, une attitude, une croyance ou une valeur.
Nous avons tendance à résister au changement à cause des difficultés qu’il suscite. Nous l’envisageons avec des sentiments partagés. Ce à quoi on est habitué, bien que ce soit insatisfaisant par moments, demeure plus facile que de faire face à l’inconnu et procure davantage d’assurance. Nous sommes confiants envers ce qui est connu, parce que nous savons comment réagir, i.e. nous savons comment en tirer des satisfactions et éviter ce qui est désagréable.
Lorsqu’une nouvelle situation se présente – un nouvel emploi, un déménagement, un nouvel engagement ou de nouvelles idées – , nous devons faire face à un dilemme. D’un côté, les changements ont plusieurs aspects positifs : essayez de nouvelles choses est excitant, cela constitue une évasion du quotidien, une aventure, nous offre la possibilité de faire de nouveaux rêves, etc. De l’autre côté, les risques sont grands, car le changement représente toute une série d’inconnues. Nous avons généralement peur de ces inconnues. Ainsi, nous avons malheureusement trop souvent tendance à nous accrocher à ce qui est familier.
Le groupe auquel nous nous identifions peut générer : soit la résistance au changement ; soit l’incitation au changement.
1 – Nous résistons souvent au changement pour maintenir nos illusions quant à notre compétence. Changer un comportement ou un mode de pensée peut impliquer que nos actions antérieures n’étaient pas bonnes et cette conséquence est difficile à admettre.
2 – Nous avons le sentiment que le changement requis est une tâche qui demande plus d’énergie que nous en avons. Nous ne voulons pas faire d’efforts. Nous rationalisons. Nous n’avons pas le temps d’entreprendre un tel changement. Nous l’entreprenons plus tard.
3 – Nous craignons que les changements n’impliquent des modifications de comportements dans les rôles et les positions que nous maintenons avec les autres. Même enclins à essayer de nouveaux comportements, nous craignons de déranger les autres, de nous voir confier de nouvelles responsabilités ou, l’inverse, de perdre notre place dans un système.
4 – L’incitation au changement s’étudie sous l’angle de l’influence sociale, du conflit, de la minorité agissante au sein du groupe.
Théorie du jugement social
Les attitudes sont représentées par un continuum de 3 sections ou par une série de réponses divisées approximativement en 3 sections (Sherif C. W. 1982). La 1ere section, notre « latitude d’acceptation », englobe les idées et les positions variées qui expriment notre accord à propos d’un sujet. La section « latitude de neutralité » représente le niveau de positions à propos d’un sujet « neutre » ou « hésitant ». A l’autre extrémité du continuum se trouve la « latitude de rejet ». Pour un sujet donné, il inclut toutes ces positions connues que nous trouvons « inacceptables ». On mesure n’importe laquelle de nos idées avec ce continuum.
Si nous entendons une information qui se situe à l’intérieur ou légèrement en dehors de notre « latitude d’acceptation », nous aurons tendance à la percevoir comme plus près de notre position qu’elle l’est vraiment. L’ « effet d’assimilation » élargit notre « latitude d’acceptation ».
Si nous entendons une information qui correspond à notre aire de rejet, nous aurons tendance à la percevoir plus loin de position qu’elle ne l’est réellement. Cet « effet de contraste » peut conduire à l’ « effet boomerang ». Il consiste à réduire notre « champ d’acceptation » dans le sens où les positions qui étaient acceptables ou tolérés auparavant seront définitivement rejetées.
Exemple
2 personnes ont des attitudes différentes au sujet de la marijuana, l’une étant en faveur et l’autre opposée. Toutes 2 lisent le même rapport de recherche sur les effets de la marijuana. Le rapport signale l’existence de dangers à la suite d’une consommation prolongée. La consommation occasionnelle n’a pas révélé d’effets nuisibles.
Les lecteurs auront tendance percevoir ces messages dans le sens de ce qu’ils sont prêts à croire. Ils verront leurs attitudes modifiées soit par « assimilation », soit par « contraste ». Par « assimilation », en voyant dans les informations, qui appuient un peu leurs arguments, des informations qui les appuient fortement. Par « contraste », en voyant dans les informations, qui divergent quelque peu de leurs croyances, des informations très divergentes.
Les lecteurs achèvent la lecture du rapport avec leurs croyances 1eres renforcées. Car : soit ils ont exagéré la force des informations qui appuient leurs arguments ; soit ils ont dénigré les arguments qui sont opposés aux leurs.
Implications pour la communication
Les réactions des autres à notre égard déterminent largement qui nous sommes. Notre choix de faire ou de ne pas faire certaines choses est fortement influencé par notre façon de définir les situations sociales que nous vivons. Ces définitions sont à leur tour issues des valeurs et croyances que nous partageons avec autrui et que nous adoptons au cours de nos communications intersubjectives.
Un cercle est donc complété. C’est en interagissant avec autrui que nous décidons de ce qui est bon ou mauvais, beau ou laid, que nous choisissons le portable le plus utile. Ces décisions et ces valeurs affectent en retour nos jugements, nos définitions de situations sociales, nos attentes envers autrui, nos perceptions de ce que les autres attendent de nous et, finalement, notre façon de nous déterminer.
Nos présomptions, valeurs et croyances affectent tellement ce que nous sommes et ce que nous faisons qu’ils ont souvent besoin d’être révisé.
Par conséquent, il importe de savoir : 1 – ce que nous valorisons et ce en quoi nous croyons ; 2 – comment nous en sommes venus à soutenir telles valeurs ou croyances ; 3 – si des valeurs ou croyances sont adéquates dans les situations actuelles ; 4 – et comment elles sont cohérentes avec notre discours et notre action.